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Natuo est le nom choisi avec mon frère pour ce Melody sorti des chantiers Jeanneau en 1977. Double hommage à nos origines paternelles corses et maternelles Normandes. Où est le lien me direz-vous ? "Néhou", nom de ce petit village du Contentin où nous vécumes tous deux dans notre tendre enfance chez Mémère Jeanne, trouve en fait sa traduction dans l'île de Beauté par "Natu o". Mais c'est sous le signe de Chaphil que pour ce premier voyage il voguera vers le port de Meze, car s'approprier un bateau en le rebaptisant ça ce mèrite et cha file pour un Ch'ti d'adoption ça a de la gueule, non ?

La souricière de Tarifa

Pour bien comprendre pourquoi le port de Tarifa, en dépit de l'attractivité touristique, est une escale problématique qui peut se révéler une souricière en cas d'avarie, il faut connaître les particularités météo locales.

Hormis là´direction du vent aucune prévision ne vous décrira sa force si ce n'est que vous avez toutes les chances d'au minimum doubler leś barbules. Ça s'appelle l'effet Venturi, sur une vingtaine de milles le plan d'eau se rétrécit et le vent s'engouffre en s'accélérant entre les contreforts des deux côté. À ça s'ajoutent de forts courants qu'il ne vaut mieux pas prendre à contre et une mer hachée dégueulasse qui secoue salement.

Ici rien n'est prévu pour la plaisance, pas de pontons, d'eau, d'électricité, de sanitaire, seulement un quai dans la zone d'embarquement des ferries, largement exposé aux remous et aux vents. S'ilsviennent de l'est, le bateau est écarté des quais, les amarres et les taquets souffrent et il faut jouer aux acrobates pour quitter et revenir sur le bateau. S'il viennent de l'Ouest c'est pire car les digues n'offrent´plus de protection, la houle s'accentue, le bateau tape avec violence sur le quai, les boudins de protection deviennent très vite dérisoires.

Aucune offre pouŕ le matoś et l'assistance technique, un seul mécanicien naval surbooké, (en ce moment il en a pouŕ au moins une semaine de boulot sur un gros bourin)

Pouŕ la mise à sec, il y a un chantier et une grue adaptée mais qui ne fonctionne que quand les conditions de vent´sont acceptables, autant dire pas souvent.

À ce contexte pourri, on peut ajouter la bonne humeur des douaniers car à chaque aller et retour entre le bateau et la ville on a le droit à la présentation des papiers quand ce n'est pas la fouille du sac.

Enfin pour agrémenter ce tableau les mêmes douaniers vous font remplir les formalités d'accès et verser la taxe journalière de 15 euros (c'est au mètre carré occupé) dans une ambiance qui n'est pas loin de celle d'une garde à vue.

Dans mon cas précis, avec un moteur qui marche sur deux pattes et risque de me lâcher sans prévenir les alternatives c'est quoi ?

Attendre que le mécanicien soit disponible pour ne serait ce qu'établir un diagnostic et espérer qu'il soit disposé à effectuer les réparations, ce qui est loin d'être évident.

Saisir sans attendre le chef du chantier pour ne pas laisser passer un maigre créneau de mise à sec.

Tenter de rallier Gibraltar en prenant le double risque d'un coup de vent et d'un atterrissage sans moteur. Arriver à la voile avec un équipier, je sais faire. Seul c'est une autre histoire surtout si les conditions sont difficiles.

Pour corser le tout je pipe pas un mot d'espagnol, m'y Taylor n'a jamais était foutu de s'enrichir et les gens du cru, à de rares exemptions, se foutent royalement de la francophonie.

Cecî-dit un pote à fort bien résumé la question de l'après avec cette hypothèse du pire qui aurait consisté à perdre le bateau et le bonhomme Un péril radical qui faisait partie des risques que j'encourais en me lançant dans cette aventure.

La souricière de Tarifa
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S
Une sorte de goulet en fait ce tarifa....
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